MOON DUO
Le groupe Moon Duo est un duo (si, si) formé par Ripley Johnson (membre des Wooden Shjips) et
Sanae Yamada à San Francisco dans le courant de l'année 2009. Après une paire d'EP sortis par
Sick Thirst, puis Sacred Bones, le groupe vient de sortir ce premier excellent album chez
Woodsist, un des meilleurs labels nord-américains des deux dernières années. Le groupe s'appuie
sur une frappe hypnotique martelée : par cet aspect, on a eu tendance à remarquer chez ce groupe
l'influence de NEU ! . Ce rapprochement est justifié, si l'on se contente d'évoquer l'aspect
robotique des percussions. Ce parenté avec le Krautrock est particulièrement visible sur le
dernier morceau du disque, « Escape », qui est différent des trois autres pistes proposées ici.
Cette rythmique assommante est appuyée par une production dense, qui ne laisse aucun espace
libre. Les murs de guitares sont renforcés par le clavier, qui porte l'ensemble à la limite de la
saturation. L'atmosphère globale est oppressante, irrespirable, et ce dès la première piste de
l'album « Motorcycle, I love you ». Les solos qui ponctuent la plupart des morceaux se lancent
dans des notes aiguës et saturés, pour s'achever dans un amas bruitiste. Les morceaux sont longs
(près de sept minutes, en moyenne) et travaillent l'auditeur, jusqu'à devenir une évidence. La
voix de Johnson ne recherche pas ici à réaliser de performance : elle est constamment brouillée,
et Johnson ne chante réellement que sur « Escape ». Le riff de « Stumbling 22nd Street » rappelle
les premiers morceaux des Stooges, et « In the trees » aurait pu sans problème se trouver sur
Phoenix, l'extraordinaire album des Warlocks. Moon Duo se place dans la lignée des groupes
bruitistes de la côte Ouest des États-Unis : la musique de ce groupe est sombre et prenante, et
incite plus à des soirées de débauche qu'à une promenade au bord de la mer, par une journée
ensoleillée. « Escape », la dernière piste de l'album, est aussi la plus lente