Il y a un an, la Jeune Fille a perdu sa mère...
Ce jour-là, le Père revient avec sa nouvelle épouse. La Marâtre impose à la Jeune Fille des épreuves impossibles. Avec l'aide d'un Ange, elle parvient à les surmonter, mais la Marâtre finit par la chasser.
Réfugiée dans la forêt, la Jeune Fille rencontre le Prince, qui promet de revenir bientôt la chercher. Entre temps, elle fait la connaissance d'une troupe de comédiens, qui jouent devant elle un extrait de conte.
Mais le Prince croise la route de la Marâtre, qui lui fait boire l'eau de l'oubli. La pauvre Jeune Fille est jetée en prison. Elle y retrouve les comédiens. Ensemble, ils jouent une pièce devant la cour. Le Prince, qui accepte d'y tenir son rôle, rejoueou revit sa rencontre avec sa bien-aimée. Il la reconnaît enfin, et le Père et l'Ange arrivent à temps pour les noces.
Avant même son entrée en fonctions, le nouveau directeur de l'Odéon l'avait annoncé : au cours de son mandat,chaque saison accueillerait un projet plus particulièrement accessible au jeune public. C'est au tour d'Olivier Py de proposer aux enfants trois excursions théâtrales au pays des légendes. A ses yeux, les contes des frères Grimm n'ont été que trop longtemps "considérés comme une vitrine idyllique pour petites filles en quête de prince". Récrits, édulcorés, privés de tout ce qui évoque en eux des sujets aussi graves que "la mort, le désir, la politique", les textes originaux ont fini par être presque perdus de vue. Or la plupart de ces contes, recueillis et rédigés par des contemporains de la grande génération du romantisme allemand, n'ont rien de puéril, au contraire : leur merveilleux est d'autant plus frappant qu'il se détache sur un fond de gravité. L'uvre des frères Grimm offre donc "un moyen de parler aux enfants de ce dont on ne leur parle pas", de faire intervenir tout naturellement des questions profondes sous forme très simple, et qui ont nom beauté, espoir, fidélité, mais aussi violence, danger ou solitude. Py, qui fréquente le recueil des Grimm depuis toujours, n'a jamais cessé d'apprécier leur fausse naïveté et leur vivacité sans phrases, qu'il n'hésite pas à rapprocher de celles de certaines intrigues de Shakespeare. C'est ainsi que La Jeune fille, le diable et le moulin (où un père, pour sortir de la misère, conclut imprudemment un pacte avec un inconnu qui s'avère être le démon et se voit contraint de lui livrer sa propre fille) peut être lu selon lui comme une sorte de version folklorique de Lear, tandis que L'Eau de la vie (où trois fils, sur ordre de leur père malade, partent en quête du seul
remède qui pourra le soulager) a réveillé en Olivier Py de lointains échos de Titus Andronicus : c'est que la cruauté du monde n'est jamais bien loin, en ces contrées peuplées de pauvres orphelins ou de familles souffrant de la famine, où l'innocence est si souvent bafouée et l'enfance exploitée, persécutée, voire torturée. Mais Py, qui use du matériau traditionnel de façon à superposer "plusieurs strates de lectures à partir d'une même histoire", s'est fixé pour règle stricte de faire baigner ces contes dans une lumière claire et joyeuse. Usant des récits comme de canevas sur lesquels "projeter son style", jamais il n'oublie que devant un public d'enfants, "il est impensable d'imaginer autre chose que de communiquer une parole d'espoir, alors que l'adulte peut recevoir une parole de
désarroi". Ces contes sont durs, sans doute, et le spectacle est à leur image ; mais cette dureté ne fait que prendre au sérieux ses jeunes spectateurs. Et ce public-là - qui comprend bien que si on ne lui raconte pas d'histoires, c'est
parce qu'on le respecte - tire donc une triple joie de ces Contes. D'abord celle qu'il doit à la pure fantaisie du récit (Py, à grand renforts de costumes de cirque et de petites chansons, s'en est donné ici à coeur joie) ; ensuite, bien sûr, celle du happy end qui conclut chaque aventure sur une touche d'espérance ; enfin, le plaisir que lui vaut la fierté d'être traité "comme un grand". Deux de ces contes ont d'ores et déjà été adaptés par le metteur en scène.
Une première version de La Jeune fille, le diable et le moulin date de 1992. Quant à L'Eau de la vie , sa création remonte à huit ans. En 2006, les deux pièces ont été recréées et présentées dans un décor de guirlandes lumineuses et animé d'une fanfare, d'abord au Centre dramatique national d'Orléans, puis en tournée. A l'occasion de leur présentation aux Ateliers Berthier, Olivier Py a décidé de leur adjoindre l'adaptation d'un troisième conte, La Vraie fiancée, surprenant carrefour où Cendrillon croise Peau d'Ane : "il était une fois une fille jeune et belle, mais
sa mère était morte quand elle était enfant, et sa marâtre faisait tout pour la chagriner..."
Olivier Py
Après avoir fait ses classes préparatoires littéraires, il entre au Conservatoire de Paris et suit parallèlement
des études de théologie. À vingt-trois ans, il commence à écrire et à mettre en scène ses propres textes avec la compagni